« Empreintes de souvenirs, constructions imaginaire, lumières évanescentes se mêlent pour donner naissance à un monde personnel fait d’espaces vierges, d’eaux tranquilles, de cabanes perdues dans les marais ou de personnages solitaires. » (Grégoire De Gaulle)

ADA – Françoise Renaud:

Quand on demande à Claire Degans ce qu’elle aime faire dans la vie, elle répond : « Aller dans la nature, marcher, m’immerger, contempler. » D’après elle, la pensée va avec la marche et le corps respire, se dilate, tous sens au dehors. Et quand on regarde ses tableaux, on voit combien elle est sensible à la lumière. Elle dit qu’elle se moque des modes et des critiques. Ce qu’elle veut, c’est représenter la lumière.

Elle évoque ses vacances d’enfant en Cévennes, la proximité de la rivière, l’odeur et le bruit de l’eau. Elle parle d’une unité avec le monde perdue en grandissant, d’une nostalgie à cause de cette chose perdue.

Ses paysages : courbes organiques des montagnes et massifs végétaux contrastant avec la ligne d’horizon et l’horizontale de l’eau. Dans certaines œuvres, le support en bois, très lisse, permet une grande finesse dans le rendu. Le papier de soie marouflé en couches successives propose une matière particulière, entre veiné et marbré, à laquelle s’associent des gouttes de peinture lentement séchées. Et c’est la ligne de l’eau qui organise le chaos, suspendue entre passé et avenir, porteuse d’une attente. Cabanes et personnages minuscules (on pense à la poésie taoïste) donnent l’idée d’un foyer et de la place toute relative de l’homme dans la nature.

Au-delà des patines qui ressemblent à des brumes, le spectateur accède au cœur du vrai. Le temps ne compte plus. Toujours quelque chose d’impalpable, quelque chose niché derrière qu’on pressent.

Claire Degans nous relie au désir de vivre et à la beauté. Montagne, eau, horizon, lumière. Et puis la cendre, entre air et immatériel, cette chose fragile après laquelle on attend.